Trois animaux, tous morts avec l’été. Deux chiens, un chat. D’autres
ailleurs sont morts, et la chasse a déjà commencé, mais là, dans les maisons
d’amis ou la nôtre, trois. Plus un jeune sanglier apprivoisé tué par un vieux chasseur
ignorant les liens d’amitié qui peuvent exister entre les humains et les
animaux dits sauvages. Certains sourient, moqueurs. Disant : vous n’êtes
pas végétarien, que je sache. C’est vrai. Entre deux contradictions, laquelle
choisir ? Nous vivons tous ici, de cette manière bizarre, que les pauvres
du monde regardent avec stupeur. 600 morts depuis le début de l'année en Méditerranée.
Je ne sais pas écrire autre chose que ça.
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À la question, qu’est-ce que la liberté on peut répondre : non avere paura. Ne pas avoir peur.
Pourtant je redoute la mort, celle des proches et des lointains, la mienne,
aussi. J’attends de ressentir si fort cette satiété heureuse qui permet de
partir. Non pas la lassitude mais la joie d’avoir existé. Lecture d’Alexandra
David-Néel vivifiante à souhait. La visite à Digne aura été fructueuse.
Sur cette fin d’été, quelques mots et images au retour de petits
voyages : la chèvre en bord de route, solitaire et indifférente, joyeusement
libre, prête à détaler dans la colline, petite chienne en fin de vie morte,
papillons pullulant la mort au-dessus des buis et jonchant les places de Digne,
collection de terres d’herman de vries, chat amical mourant doucement, animaux
et aussi humains comme Eléna qui nous a accueillies simplement chez elle, et d’autres
encore. Humains et bêtes. Amie se demandant comment réinventer sa maison pour
vivre sans son amour. Troupeau en cascade de clarines et Élisée Reclus, dont le
tire Histoire d’un ruisseau m’a encouragée à le lire. Sans oublier l’ami F.F.,
sa compagne poète et Alexandra David-Néel.
Bilan ? Non, répondre à l’injonction du Petit.
Écrire pour se
souvenir.
3 septembre
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