jeudi 21 juin 2018

Carré 9 presque carré de plein air






99 nombre inversé 66 si ce n’est le diable son double qui dévore ou dieu qui en toi échoues ou réussis à redresser tenir les murs border de fils noirs les trous effilochés tandis que le ciel se dégage au-dessus de la table vers le sud et que le volcan se calme peut-être juste 99 m. la tuyauterie de l’immeuble grommelle éructe grogne ce sera jour sans eau là-bas feu sur mer à noyer les gens le propriétaire a prévenu ses locataires en écrivant à la main un avertissement aimable pour les informer de ce qui va leur arriver répétant nous sommes assis très haut dans le ciel de manière à ( au choix ) voir ne pas voir ( au choix ) la lune la misère tout de même ça  élève la pensée la prose ce que laisse à penser le titre choisi par p.k. l’alléger aussi le sac devient bulle langagière branle potagère en une danse sursauttée qui ne blesse pas les pauvres jointures de sd ni de qui que ce soit en ce jardin ressaut de la mer aux rehauts de crasse dorée sur la margelle du bassin où glissent des voiles le vieux chinois ce matin penché sur la jardinière de sa fenêtre-balcon coupait ses fleurs fanées avec de petits ciseaux brillant de lumière pendant que je préparais le café je le regardais depuis l’étage des bonnes tout en bas l’odorante cour carrée où le propriétaire de l’immeuble a agencé un jardin de pots et de bacs fleuris et parfumés en haut le ciel lui et moi dans la compagnie de gros oiseaux impudents juchés sur les cheminées et les balcons Martinets planant filant et la question reste en suspens que le jardinier et moi nous posions en scrutant les nuages va-t-il pleuvoir des voix lointaines nous parviennent depuis le boulevard pas de travaux aujourd’hui pas de réponse non plus du météorologiste samedi vide dans le six neuf carré

9 juin

mardi 5 juin 2018

Carrés 6 et 7, dépenses sans recettes




Agenda 1932 Félix Potin (dont on découvrira qu’il est daté au crayon  de 1934 et que janvier commence en juin 32. Au passage on retrouve Renée et Fredo. Sans oublier Jeanne. Celle qui écrit fait tenir plusieurs années de compte en une année Félix Potin. Les semaines sont numérotées et cavalcadent de dépenses en dépenses. Les chaussures de Renée coûtent plus cher que celles de Jeanne. Il y a des bonbons pour Renée, des chemises, des chaussures, une blouse. Renée grandit. Il y a un achat pour une robe de Jeanne. Pour un corset aussi. Et la couturière. En avril 1934, un déjeuner avec Marie-Laure coûte 22,75. Le coiffeur pour Jeanne est plus cher que pour Renée. Pour elle on note le coût de la pension et le train. On se chauffe au charbon. On paie des hypothèques. En décembre on note l’achat d’une paire de chaussures de 101,00. Pour Jeanne. C’est elle qui tient les comptes. Fredo disparaît. Il ne coûte plus rien. Le 25 juin, on fête Pâques puisqu’est notée la dépense pour Renée de 3 francs.

Crémerie  8,70
Pain  1.-
Champignons Paris 2,50
Tickets métro 15,50
Pain   1.-
Café beurre  11,30
Poissons   9,20
Filet de bœuf  4,60
Coiffeuse   6.-
Savon blanc 1,85
Ticket tram 6.-
Chaussures Jeanne  80.-
Pipe Fredo 25.-
Epicerie 10,40
Vin 2 bout. 7.-

Total 190,05

Jeudi 2 juin




Fruits œufs 8,85
Pain 1,50
Saindoux 6.-
Bifteak 6.-
Confiture 5.-
Renée Gâteaux 2.-
Divers 1,85
Pain -50
Œufs 2,40
Electricité 27,95
Filet bœuf § ?éà
Fromage œufs 3,30
Pain 1.-
Vin 3,50
Ticket tram 6

Total
82,05

vendredi 3 juin

vendredi 1 juin 2018

Carré 5 carni-vore



ligne bleue SD



Nous vivons loin de plus en plus la moquerie nous éloigne des mots ils quittent le sac à regret et nous pas tout à fait je+je nous nous éloignons dérivons désespérons du bout de terre égarée que nous défrichons et hop repartis mais plus loin redoutant le gouvernorat et sa loterie nationale redoutant les séries de mauvaises surprises redoutant le bruit de ce qui se brise au sol en faisant saleté demain nous tenterons à nouveau de parler la langue nous ne savons plus que ça boire du glacé alors reposons sans l’ouvrir le livre sur le lit blanc nous rêvons de blancheur d’indigo ce visage nous vient comme il vient nu sans effet sans atours sans ce qui d’ordinaire abrite l’esprit le corps s’éloigne je regarde des pieds abîmés usés il y a des gens qui savent définir le moindre grain de peau et pour l’amie f.st.r. et sa main qui écrit je suis capable de faire à présent un ñ rendant correctement grâce au nom de l’écrivain chilien dont j’ai appris hier soir qu’il n’était pas du dernier moderne comment faire revient sous les doigts des pieds ce sont les miens ainsi les nomme-t-on par convention la mort commence par là puis remonte jusqu’au plus haut tant qu’elle a de la place pour avancer n’empêche la contemplation de l’herbe ranime les forces la même petite question de l'enfant qui rejoint le noyau de c.k. reste en suspens sur la couverture du livre à venir comment faire pour fêter comme il se doit l’agneau je n’aime pas cette idée de renoncer à la viande pour gagner mon paradis suis-je encore une fois un-e écrivain-e retardataire regard carnivore tourné vers l’est par dessus l’épaule gauche à chercher derrière soi ce qui vient droit devant le solstice déjà le 1° juin biche et léopard blanc bondissent foutant le bordel dans ce carré


(1° juin)


jeudi 31 mai 2018

Carré 3 David et Goliath?



Di Rosa


Faire cesser la pluie en inventant une logique où le titre du livre de p.k. donne l’autorisation de commencer la danse écrire une prose sans élévation simplement embourbée dans la préparation d’une tasse de café pour deux mains noires posées sur la table en attente de voix se croisant dans ce que tu nommes par commodité ta langue la sotte question qui veut boire ce soir le canon qui n’arrête pas de tonner ne parle pas de la guerre ni des exactions commises au Soudan en Sierra Leone noms qui font frissonner simplement veut éloigner la grêle qui dévasterait les arbres fruitiers ce ne sont pas des criquets à ruiner les récoltes et le vieux manguier bougreville le soleil traverse les nuages les voix continuent elles aussi de traverser l’espace d’une table les langues malinké sousou peul forment des îles au-dessus de la tasse de m.s. nous les voyons tous dériver de l’une à l’autre une géographie inconnue les divise tandis que nous devisons de française manière quelqu’un dit une langue pour la mélancolie une langue pour le travail un dit j’ai voulu écrire tout ce qui arrive mais je ne peux le faire les mots ne viennent pas un autre voit la mer-menace l’autre ouverte vers le sud un dit je veux marcher dans une ville vaste l’autre ne veut pas sortir de sa chambre les frontières tirées au cordeau plus tard nous les regardons le soir sous la lampe comme dans un poème de c.b. les couleurs de l’atlas sont des mensonges roses et verts tous nous le savons ici sans fronde comment david triomphe-t-il de goliath les installations portuaires ne font rêver que les poètes prêts à tous les embarquements les jeunes hommes qui regardent le temps défiler n’ont plus envie de voyage ma peau rétrécit autour de mes yeux je ne vois que le carré

(30 mai)





mardi 29 mai 2018

Carré 1 dit du recommencement



Deuxième série



Carré 1 dit du recommencement

p.h. a un mot recommencement s’écrivant carré encore d’autres ceux qui tiennent dans le sac qui disent à la fois liberté et servitude parce que ça ne peut pas s’interrompre fut-ce dans un lieu tel que le contadour compte à rebours mal à la tête de l’écrivain qui ne sait guère que déconstruire pour reconstruire une cabane lézardée de la toiture aux fondations encore faut-il une parité de mots masculins et de mots féminins tous à moitié vaincus à l’aide non de pioches et de spatules plutôt de carrés et de formes plus vastes encore et bizarrement à la fois huppe et lièvre traversant herbe très haute et fleurie se demandant à leur tour masculin féminin puisque tout le monde en parle sur les places alors au désert que voulez-vous j’y passe un peu de vent un peu de brise et le tour sera joué monsieur j.m.g. répond par une bordée d’hétéronymes rageurs empruntés aux comics que lisait assise sur un escalier la petite s. en sortant de chez le dentiste on m’achetait blek le roc vaut une fortune maintenant mais tous enterrés vivants là-bas dans la cabane de briques au fond du parc voués à la disparition à la pluie au vent aux vandales dont je faisais partie en viennent à se rejoindre les bordures opposées les époques les sexes les peuples et surtout le temps venu et celui reparti des images plein la table à tenter de relier avec ou sans joli fil doré ça ne vaut rien ceux qui ne tiennent pas en place qu’il faut recoudre chaque fois en vis à vis de la boutonnière dur métier celui de couturière e.s. s’éclipse si rapide dans la lenteur qu’à peine le temps il aime le mot feuillet me dit son éditeur et moi celui de carré le seul ordre que je connaisse silence chaos de mots je prononce à haute voix la phrase la pièce à nourrir est un tombeau ça devrait suffire à lever le maléfice faire danser une souris dans ce 1° carré

(28 mai)

lundi 28 mai 2018

Notule du 28 mai





Ricardo Corsi Livre du vent qui rejoint Ecorces qui rejoint Amy Warburg qui allège mon mal à la tête et jouxte sur un tabouret sans grâce La perte de l’image de p.h. reçu ce matin. Ronde de livres, marche à l’envers, à l’endroit, se rejoindre et arriver chez Jorn Riel. Mondes des extrémités qui se rejoignent. Que rejoignent une lettre que me lit une amie poète à la forte écriture et sa voix heureuse. Le Mali s'est assis à notre table et a souri. On va chasser demain les métaphores et leur faire un sort.
(28 mai)

jeudi 24 mai 2018

Carré 99 bis


collage/montage SD


celui-là tout entier écrit les yeux fermés et en italiques en se jouant de la lumière pour faire la nique à la m. celle-là qui sévit comme disent les écrivains à l’heure et nous tutoie à petit feu m. s’en fiche sans fiche de paie pour nous débiter notre dette on peut dire ce qu’on veut elle seule sait moissonner à la faux comme personne d’où la nécessité de l’interrompre parfois de surprendre la m. en changeant de braquet si je cours vite sans bouger elle me croira déjà parti et me laissera tranquille disait un vieil homme à sa fille venue lui rendre visite à l’ehpad si tu écris asile tu fais littérature de poudre aux yeux on te demande clarté et précision alors ne noie pas le p. sois à ce que tu écris dirait aussi la mère à l’enfant une seule chose à la fois et le tour est joué mais non tu répondrais pas seulement une question de synonymes et de concentration être retardataire procure au moins le sentiment que tout n’est pas fini puisque tout continue encore jusque dans les débris de la fête la seule fin aurait pu rétorquer l’enfant s’il avait connu le verbe c’est m. tu écrases un escargot et t’aperçois qu’un peu plus loin il y en a plusieurs autres celui-là est fini mais d’autres poursuivent la ligne argentée chaque matin un peu différente de la précédente l’emploi du mot marâtre dans la bouche de sam fait de l’afrique un pays de fées et de sorcières où on ne rit pas du sang qui coule ni de la mère qui meurt en enfantant son bel enfant noir ailleurs on parlerait de l’hospitalité ici de porte claquée sur les doigts plutôt ou de couteaux ou d’aiguilles empoisonnées qui endorment la conscience d’un peuple entier j’écris les yeux fermés pour tenter de faire apparaître ce qui peu à peu se défaisant nous quitte fumées du soir que le crématoire mélange aux beaux nuages de c.b. en italiques dans ce fichu carré

(23 mai)