Il y a une sorte d’obscénité à écrire au milieu de tous. Afficher une
pratique solitaire au vu et au su de toute la maison, écrire précisément dans
la pièce que traversent visiteurs et amis, parents et voisins ? Dans quel
but se montrer en train d’écrire ? C’est bien moi qui ai choisi d’installer
la table dans le salon, moi et personne d’autre.
Du coup je n’écris que de courts messages ou de vraies lettres. Mon bureau
est au centre et personne ne peut éviter de le voir, ni l’ordinateur ouvert, ni
les feuillets, les livres et autres objets d’écriture. Ni de me voir assise là,
en face de la fenêtre, plus ou moins désoeuvrée.
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collage SD |
Telle le vers luisant dont la femelle brille pour séduire les mâles, qui
est-ce que j’essaie d’attirer dans la toile des mots en me livrant ainsi ?
Il existe des associations de défense et protection des lucioles et vers
luisants et même une nuit à eux consacrée. Mais ni lucioles ni vers luisants
sont obscènes. De même dévorer les larves d’autres espèces ne les rend pas
cruels pour autant. Ils survivent, malgré les pesticides, poisons pour limaces
et lampes solaires. Difficilement. Mais ils sont encore là.
Un écrivain est plus fragile. Voir ce qui arrive à Yann Moix. Va-t-il en
mourir ? Ou au contraire se redresser de plus belle ? Comme une sorte
de scorpion.
D’où tout ce temps passé en cuisine où là tout le monde trouve sa place
Surtout les mères. Au moins, ma présence y est attendue. Tout le monde sait que
j’aime cuisiner. Nourrir plutôt. Ce qui touche à la faim me requiert depuis l’enfance.
Associée à la lecture. Dévorer, être dévorée.
Anniversaire de ma mère aujourd’hui. On aurait fêté ses 103 ans. Sainte Rose
de Lima, hier. Aujourd’hui, on fête les Louis. Memento de la fin.
Tout est bon pour différer l’écriture. Même écrire pour le dire.
24 août
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