jeudi 16 novembre 2017
mardi 14 novembre 2017
Dieu en un mot.
Il faut.
Faire court.
Une liste.
Pour.
Dire.
Moins.
Plus vite.
Le jour.
Au sud.
Tout un jour.
Boire.
Courses.
Marche.
Le bois.
Le toit.
A volé.
Le vent.
Durer.
Pain, vin, eau.
Un mois.
Puis deux.
Et trois.
Dieu en un mot.
N'est pas là.
Bleu froid.
Du ciel.
Vide.
Faire court.
Une liste.
Pour.
Dire.
Moins.
Plus vite.
Le jour.
Au sud.
Tout un jour.
Boire.
Courses.
Marche.
Le bois.
Le toit.
A volé.
Le vent.
Durer.
Pain, vin, eau.
Un mois.
Puis deux.
Et trois.
Dieu en un mot.
N'est pas là.
Bleu froid.
Du ciel.
Vide.
lundi 13 novembre 2017
Loup rit, de face, corbeau nous voit, tout a mélangé.
I,
Que devient le visage quand.
Que devient celle qui vit sous.
La peau molle, gonflée de.
Corps-tit-zone?
Nom de nom.
Je connais quelqu'un qui.
Deux fois.
Deux visages.
En Allemagne.
En France.
On les a changés.
Pile/face.
Dol.
Tout a changé.
Les joues. le nez, les yeux.
Les joues surtout.
Deux faces et de dos.
Même de dos.
On change quand.
Tout finit.
II,
Et le loup aussi qui.
Dans la vitrine du musée vit.
Mort.
Beau corps du loup gris.
Et le corbeau.
De face.
Qui nous voit.
En haut l'homme.
Sur le dôme.
Au pôle Nord.
L'homme le plus haut.
Du Monde.
Assis au Nord,
Il rit fort.
Très.
Rire.
Sang.
Sans.
Fin.
Là.
Mort.
Que devient le visage quand.
Que devient celle qui vit sous.
La peau molle, gonflée de.
Corps-tit-zone?
Nom de nom.
Je connais quelqu'un qui.
Deux fois.
Deux visages.
En Allemagne.
En France.
On les a changés.
Pile/face.
Dol.
Tout a changé.
Les joues. le nez, les yeux.
Les joues surtout.
Deux faces et de dos.
Même de dos.
On change quand.
Tout finit.
II,
Et le loup aussi qui.
Dans la vitrine du musée vit.
Mort.
Beau corps du loup gris.
Et le corbeau.
De face.
Qui nous voit.
En haut l'homme.
Sur le dôme.
Au pôle Nord.
L'homme le plus haut.
Du Monde.
Assis au Nord,
Il rit fort.
Très.
Rire.
Sang.
Sans.
Fin.
Là.
Mort.
vendredi 10 novembre 2017
Dans le Karst à pic un loup rouge aime un cerf bleu
"Je me disais : tu vois, toi tu es du nord, et dans le karst le vent souffle, le soleil brille, il y a des pins et des figuiers... L'Europe centrale - terme que je n'emploierais jamais avec une connotation idéologique - c'est une chose qui est liée à des phénomènes de climat."
Peter Handke
Je me disais.
Lui, il se disait.
Le vent souffle.
À pic.
Trop vif.
Peu de pluie.
Pas de doline.
Ni de rocs troués.
Tout y est sec.
Trop est un monosyllabe.
Karst aussi, comme vent, mer, air, feu et y.
Trop de vent fou, peu de pluie, des pins.
Peu est un monosyllabique, pin aussi.
Les noms de bêtes sont souvent monosyllabiques :
chat taon cerf pie veau porc geai paon loup.
Et les couleurs:
vert noir blanc jaune bleu rouge.
Toutes monos.
De quoi parlent-elles, ces couleurs?
Un loup rouge aime un cerf bleu.
Arrêter la radio. Se taire.
Se terrer. Se serrer entre geais.
La terre et la mer sont monos.
Chant joie cri sourd voix jour.
Et les verbes?
Voir dire croire faire.
Tu me dis je t'aime.
Suffisants pour le poème?
jeudi 9 novembre 2017
Une collection de mots monosyllabiques, une liste à la Bretonnière?
pain. pot. lune. terre. coeur. mot. voix. air. son. roi. thym. don. mont. vent. fleur. sein. mer. plume.
(une collection)
ces mots d'une syllabe, pourquoi les collectionner?
pourquoi pas?
pas de majuscule pour eux.
ni pour moi.
nous allons de l'un à l'autre.
nous disant.
nous ne valons pas grand chose.
pot. pain. plat. verre.
mais nous aimons.
les gens. le son. la voix.
et ce matin.
entre joie et peine.
mie. mots. doux. chat.
coeur creusé, poitrine ouverte.
chant. pré. loin. mort?
pour suivre un poète.
comme Bernard Bretonnière.
pas. une vie. la terre. ça.
(une collection)
ces mots d'une syllabe, pourquoi les collectionner?
pourquoi pas?
pas de majuscule pour eux.
ni pour moi.
nous allons de l'un à l'autre.
nous disant.
nous ne valons pas grand chose.
pot. pain. plat. verre.
mais nous aimons.
les gens. le son. la voix.
et ce matin.
entre joie et peine.
mie. mots. doux. chat.
coeur creusé, poitrine ouverte.
chant. pré. loin. mort?
pour suivre un poète.
comme Bernard Bretonnière.
pas. une vie. la terre. ça.
lundi 6 novembre 2017
Où une artiste centenaire reconstituait à New York le climat de son Japon natal, un écrivain évoquait à propos de Martin Heidegger l'art culinaire désastreux des Allemands, tandis que le point revenait dans la réflexion sur l'état des civilisations de Marc-Aurèle et jacques Soustelle, où... etc...
Commençons par le climat et ce qu'en disait Montesquieu. Nos gouvernements seraient influencés par la pluie et le beau temps. Balivernes, ont jugé les scientifiques. Et puis voilà que la planète se réchauffe et les migrations reprennent. Est-ce notre caractère, nos moeurs, notre politique que le climat influence? Pas seulement. L'encre aussi.
Écoutons cette artiste japonaise centenaire.
Toko Shinoda.
"Si je peins une ligne droite à New York, elle sèche immédiatement à cause du climat. L’humidité au Japon fait que cette même ligne droite sèche progressivement. C’est ce que je préfère d’ailleurs. Lorsque je peignais à New York, je laissais couler de l’eau chaude du robinet dans la salle de bains..."
Ensuite revenons vers la forêt humide et noire où ne se cachent pas seulement chevreuils et poètes. Ogres aussi.
"Allaient en pèlerinage chez Martin Heidegger surtout ceux qui confondent la philosophie avec l’art culinaire, un rôti, un bouilli, ce qui correspond tout à fait au goût allemand ".
Cette phrase de Peter Handke citée par Roland de Muralt convient tout à fait à ce moment du parcours vers Todtnauberg dans la Forêt Noire ou plutôt Totenauberg, tel que l'a imaginé Elfriede Jelinek qui n'en était pas à son premier monstre, ni à ses premiers morts.
Dès que j'ai lu le nom du village où H. avait un chalet et où il recevait ses admirateurs (mais Celan n'en faisait pas partie, même s'il s'y rendit après sa lecture à Francfort), j'y ai vu le nom de la mort. Malgré ma connaissance limitée de la langue, ce mot m'avait semblé présent dans le toponyme.
Maintenant il y a aussi la réponse à la question posée à propos du mot Kindschaft.
Ou la traduction du texte de Gabriele Hasler, Der Pfirsichmaschine, de l'allemand au français pour rendre cette machine mâchonnée dans la bouche.
Le français que je parle hésite à trouver ses mots.
Et le vent violent déracine.
Mots et sens, points et racines.
Confinée dans la chambre-bureau, volets clos, parce que le Petit pour dormir a besoin d'obscurité.
Sur la table, des livres, celui de Gabriele mais aussi Les quatre soleils, de Jacques Soustelle dans la collection terre Humaine qu'il me semble avoir lu dans le bibliobus qui venait dans la cité achélème où nous habitions à Marseille quand j'avais 16 ans.
Livre ramené d'Allemagne et relu ici, en même temps que Handke.
"Dans la vie de l'homme, la durée? Un point."
J'ai lu aussi Marc-Aurèle à peu près à la même époque.
Soustelle qui le cite vers la fin du livre ramène avec lui ce moment passé.
Et le point que nous sommes sur la flèche du temps. Marc-Aurèle, un beatnik rencontré sur la Canebière, m'en avait parlé. J'avais acheté le livre.
Il existe toujours ici.
"Tout ce qui est du corps n'est qu'un fleuve, ce qui est de l'âme un rêve, une vapeur."
Quant à la traduction du mot Kindschaft, le dictionnaire donne filiation. Un peu court pour la rêverie matinale.
C'est alors que le Petit, pour qui j'avais rangé - un peu - mon bureau, a posé sur la table une des multiples pierres que je ramène comme exorcismes possibles. La déposant sur la table à écrire, il a dit: elle est bien, là.
Elle va donc y rester.
Entre enfance et effroi.
Point.
Écoutons cette artiste japonaise centenaire.
Toko Shinoda.
"Si je peins une ligne droite à New York, elle sèche immédiatement à cause du climat. L’humidité au Japon fait que cette même ligne droite sèche progressivement. C’est ce que je préfère d’ailleurs. Lorsque je peignais à New York, je laissais couler de l’eau chaude du robinet dans la salle de bains..."
Ensuite revenons vers la forêt humide et noire où ne se cachent pas seulement chevreuils et poètes. Ogres aussi.
"Allaient en pèlerinage chez Martin Heidegger surtout ceux qui confondent la philosophie avec l’art culinaire, un rôti, un bouilli, ce qui correspond tout à fait au goût allemand ".
Cette phrase de Peter Handke citée par Roland de Muralt convient tout à fait à ce moment du parcours vers Todtnauberg dans la Forêt Noire ou plutôt Totenauberg, tel que l'a imaginé Elfriede Jelinek qui n'en était pas à son premier monstre, ni à ses premiers morts.
Dès que j'ai lu le nom du village où H. avait un chalet et où il recevait ses admirateurs (mais Celan n'en faisait pas partie, même s'il s'y rendit après sa lecture à Francfort), j'y ai vu le nom de la mort. Malgré ma connaissance limitée de la langue, ce mot m'avait semblé présent dans le toponyme.
Maintenant il y a aussi la réponse à la question posée à propos du mot Kindschaft.
Ou la traduction du texte de Gabriele Hasler, Der Pfirsichmaschine, de l'allemand au français pour rendre cette machine mâchonnée dans la bouche.
Le français que je parle hésite à trouver ses mots.
Et le vent violent déracine.
Mots et sens, points et racines.
Confinée dans la chambre-bureau, volets clos, parce que le Petit pour dormir a besoin d'obscurité.
Sur la table, des livres, celui de Gabriele mais aussi Les quatre soleils, de Jacques Soustelle dans la collection terre Humaine qu'il me semble avoir lu dans le bibliobus qui venait dans la cité achélème où nous habitions à Marseille quand j'avais 16 ans.
Livre ramené d'Allemagne et relu ici, en même temps que Handke.
"Dans la vie de l'homme, la durée? Un point."
J'ai lu aussi Marc-Aurèle à peu près à la même époque.
Soustelle qui le cite vers la fin du livre ramène avec lui ce moment passé.
Et le point que nous sommes sur la flèche du temps. Marc-Aurèle, un beatnik rencontré sur la Canebière, m'en avait parlé. J'avais acheté le livre.
Il existe toujours ici.
"Tout ce qui est du corps n'est qu'un fleuve, ce qui est de l'âme un rêve, une vapeur."
Quant à la traduction du mot Kindschaft, le dictionnaire donne filiation. Un peu court pour la rêverie matinale.
C'est alors que le Petit, pour qui j'avais rangé - un peu - mon bureau, a posé sur la table une des multiples pierres que je ramène comme exorcismes possibles. La déposant sur la table à écrire, il a dit: elle est bien, là.
Elle va donc y rester.
Entre enfance et effroi.
Point.
vendredi 3 novembre 2017
"Y a-t-il donc un mot pour l'aventure que je vivais?" Peter Handke
Cette aventure est celle de la traduction.
Lire, écrire.
Ce matin les mots de Handke résistent et m'aident à surmonter la lassitude.
Je viens d'écouter - un peu - la voix de Sylvie Brès vivante.
Elle parle de sa mort prochaine. Et moi qui l'écoute, je sais que c'est la voix d'une morte.
Je relis les mots de Sebald - mort - parlant du livre de Handke - vivant - qu'il a aimé.
Et je cherche le mot qui dirait à la fois la vie et la mort pour des écrivains comme ceux que je cite ce matin. Et sont chers à ceux qui les lisent; l'un encore en vie et les autres morts.
Cet album de photos de Kafka ramené d'Allemagne parcouru avec le plus jeune fils et lui s'étonnant de la date de sa mort, disant 1924, avant l'extermination des juifs. Il a eu de la chance de mourir dans un lit. Et il se reprend: chance, c'est beaucoup dire.
Kafka a rejoint Benjamin qui lui-même est rejoint par Milena Jesenska.
Chaînes sans fin de noms.
Retardataires me vient.
Est-ce le bon mot?
Dans cet étonnant livre de Handke, Le recommencement, la question centrale reste la bonne langue, la langue qui convient, la langue qui pour une fois ne manquerait pas son but. Les racines dont on nous farcit la tête, surtout concernant leur rattachement à la terre, ont une autre fonction dans les langues: elles disent l'histoire, les guerres, les invasions, les déplacements, migrations forcées ou volontaires. Quant aux racines de terre et de sang, elles sont un leurre. Se souvenir de Michaux. Nous ne sommes pas des betteraves pour être enracinés. Nous glissons sans cesse à la surface, patineurs épuisés et lents, d'une mémoire gelée.
"Comment peut-on exprimer en un seul vocable l'expérience de l'enfance et celle du paysage?"
Ce serait une belle question à nous poser aujourd'hui.
En français, est-ce que ça existe un mot pour l'exprimer cette expérience simultanée?
Car notre enfance est liée à un paysage, pas seulement extérieur mais intérieur, mieux, intériorisé. Et quel nom lui donner, nous l'ignorons. Nostalgie ne convient pas. Car il y a de la douleur dans le mot. Et c'est ce sentiment que le Petit a exprimé en liant la plume et l'absence. Deux questions sans réponse donc. Pour l'une j'ai proposé traduction et j'aime le vocable anglais, translation, mais je n'ai aucune solution pour le deuxième.
Et j'entends les cris de joie et de peur mêlés du Petit soulevé par son père très haut.
La langue allemande a sa réponse. Il sera temps demain de la donner.
Mais aujourd'hui, son absence me permet de vivre simultanément ici et là-bas, près de Brême, à Worpswede.
..."affamé d'aventure..."
Retardataire donc.
Lire, écrire.
Ce matin les mots de Handke résistent et m'aident à surmonter la lassitude.
Je viens d'écouter - un peu - la voix de Sylvie Brès vivante.
Elle parle de sa mort prochaine. Et moi qui l'écoute, je sais que c'est la voix d'une morte.
Je relis les mots de Sebald - mort - parlant du livre de Handke - vivant - qu'il a aimé.
Et je cherche le mot qui dirait à la fois la vie et la mort pour des écrivains comme ceux que je cite ce matin. Et sont chers à ceux qui les lisent; l'un encore en vie et les autres morts.
Cet album de photos de Kafka ramené d'Allemagne parcouru avec le plus jeune fils et lui s'étonnant de la date de sa mort, disant 1924, avant l'extermination des juifs. Il a eu de la chance de mourir dans un lit. Et il se reprend: chance, c'est beaucoup dire.
Kafka a rejoint Benjamin qui lui-même est rejoint par Milena Jesenska.
Chaînes sans fin de noms.
Retardataires me vient.
Est-ce le bon mot?
Dans cet étonnant livre de Handke, Le recommencement, la question centrale reste la bonne langue, la langue qui convient, la langue qui pour une fois ne manquerait pas son but. Les racines dont on nous farcit la tête, surtout concernant leur rattachement à la terre, ont une autre fonction dans les langues: elles disent l'histoire, les guerres, les invasions, les déplacements, migrations forcées ou volontaires. Quant aux racines de terre et de sang, elles sont un leurre. Se souvenir de Michaux. Nous ne sommes pas des betteraves pour être enracinés. Nous glissons sans cesse à la surface, patineurs épuisés et lents, d'une mémoire gelée.
"Comment peut-on exprimer en un seul vocable l'expérience de l'enfance et celle du paysage?"
Ce serait une belle question à nous poser aujourd'hui.
En français, est-ce que ça existe un mot pour l'exprimer cette expérience simultanée?
Car notre enfance est liée à un paysage, pas seulement extérieur mais intérieur, mieux, intériorisé. Et quel nom lui donner, nous l'ignorons. Nostalgie ne convient pas. Car il y a de la douleur dans le mot. Et c'est ce sentiment que le Petit a exprimé en liant la plume et l'absence. Deux questions sans réponse donc. Pour l'une j'ai proposé traduction et j'aime le vocable anglais, translation, mais je n'ai aucune solution pour le deuxième.
Et j'entends les cris de joie et de peur mêlés du Petit soulevé par son père très haut.
La langue allemande a sa réponse. Il sera temps demain de la donner.
Mais aujourd'hui, son absence me permet de vivre simultanément ici et là-bas, près de Brême, à Worpswede.
..."affamé d'aventure..."
Retardataire donc.
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